La course au profit maximum a provoqué une crise économique sans précédent depuis celle de 1929, ainsi qu’une crise écologique planétaire. Chômage, bas salaires, pauvreté, malnutrition et famines, épidémies, guerres... les effets du maintien du système capitaliste sont dramatiques.
Le NPA naît en affirmant que la seule alternative est le socialisme. Il n’y a pas un « bon » capitalisme productif, qui s’opposerait au capitalisme financier qui l’aurait perverti. En finir avec les crises implique d’en finir avec l’exploitation, donc avec la propriété privée des principaux moyens de production, d’échange et de communication, qui en constitue la base.
Le socialisme n’a rien à voir avec l’accompagnement « social-libéral » du capitalisme que défend le PS. Ni avec les dictatures bureaucratiques qui, de l’ex-URSS à la Chine, en ont usurpé le nom alors même qu’elles reproduisaient les mécanismes d’exploitation et d’oppression qu’elles prétendaient combattre, et favorisaient les pires travers productivistes.
Le socialisme, c’est le pouvoir des travailleurs et travailleuses dans tous les domaines de la vie politique, économique et sociale. C’est le remplacement de la dictature patronale par la démocratie des producteurs associés, décidant librement et souverainement de ce qu’il faut produire et comment. C’est la fin de toutes les oppressions, à commencer par l’oppression spécifique des femmes, antérieure au capitalisme mais que ce dernier a intégrée et instrumentalisée à son profit.
Intérimaires renvoyés, contrats non renouvelés, salariés licenciés ou en chômage à temps partiel avec de lourdes pertes de salaire... Ce sont les travailleurs, les couches populaires qui subissent de plein fouet les conséquences d’une crise dont ils ne sont pas responsables.
À travers leurs plans de relance, Sarkozy et son gouvernement ont distribué 63 milliards d’euros aux banques, aux constructeurs automobiles et aux grandes entreprises. Leur seul objectif est de permettre à ces derniers de sauvegarder leurs profits et de devenir, comme Sarkozy l’a clairement dit à la télévision, plus compétitifs.
La recherche de compétitivité, dans le cadre de la concurrence capitaliste, c’est la recherche du profit maximum, de la plus grande efficacité pour exploiter les travailleurs. Les grandes entreprises annoncent de plantureux bénéfices en même temps que des plans de licenciements dévastateurs.
Comme Sanofi par exemple, qui a réalisé 7 milliards d’euros de bénéfices en 2008. Ou Arcelor-Mittal, qui, avec ces 6,4 milliards de profits en 2008, prévoit de licencier 9000 travailleurs dans le monde dont 1400 en France. Ou encore Pinault Printemps Redoute (PPR), qui annonce 1,7 milliards de profits (en hausse de 5,4 %) en même temps que 800 licenciements à Conforama, 400 à la FNAC et 600 à la Redoute.
Arcboutés sur cette logique infernale qui est à l’origine de la crise, Sarkozy et son commanditaire, le Medef, veulent profiter de la situation pour imposer leurs contre-réformes libérales, s’attaquer à ce qui reste du service public comme dans l’éducation et la santé, précariser davantage le travail, accroître la pression sur les travailleurs au chômage pour les obliger à accepter n’importe quel travail aux prix les plus bas.
Mais ils craignent la révolte que suscite leur politique, comme c’est le cas aux Antilles. Ils redoutent par-dessus tout que cette colère soit contagieuse, au-delà de ses aspects particuliers qui découlent de la domination coloniale. C’est ce qui a poussé le gouvernement à reculer partiellement en Guadeloupe, ainsi qu’à annoncer un « effort » de l’État pour les plus pauvres, mais si dérisoire – 2,6 milliards d’euros – qu’il ne peut pas enrayer la montée des mobilisations.
Oui, comme en Guadeloupe, en Martinique ou à la Réunion, c’est bien un mouvement général, une contre-offensive d’ensemble qu’il s’agit de construire. Pour imposer l’urgence sociale, les mesures qui permettent de vivre et non de survivre :
Interdiction des licenciements, retour du contrat à durée indéterminée comme règle unique du contrat de travail, réduction massive et progressive du temps de travail jusqu’à la suppression du chômage.
300 euros nets de plus par mois pour tous, y compris retraités et précaires.
Pas de salaires ni de revenus inférieurs à 1500 euros nets.
Les travailleurs ont toute légitimité pour imposer des mesures d’exception, à la hauteur de la gravité de la situation, qui répondent aux besoins de la population, à savoir la réquisition des profits, l’expropriation des financiers et banquiers, la création d’un service public bancaire sous contrôle de la population, la fermeture de la Bourse.
Nous voulons œuvrer à l’unité la plus large pour assurer la convergence des mobilisations et le regroupement des travailleurs et de la population autour de ces exigences, comme de toutes les revendications qui sont portées par les luttes.
La suppression de la TVA sur les produits de première nécessité, un logement pour tous.
La sauvegarde et le développement des services publics, l’arrêt immédiat de la privatisation de La Poste, de la santé et de l’éducation ; la suppression des exonérations de cotisations sociales pour les patrons, et le paiement de la dette de l’État à la Sécurité sociale.
Pour répondre à la crise écologique : la nationalisation des grands groupes de l’énergie et des transports pour un service public unifié ; la sortie du nucléaire et le développement des énergies renouvelables ; l’arrêt et le remplacement des productions inutiles, polluantes et dangereuses, avec maintien des emplois, salaires et statuts des salariés ; l’interdiction de la culture OGM ; le soutien à l’agriculture paysanne et aux pêcheurs.
Contre les dispositifs sécuritaires, la répression de ceux qui résistent et la criminalisation de la jeunesse : l’abrogation des lois sécuritaires ; la suppression du fichage ; l’interdiction du pistolet Taser ; l’arrêt des expulsions et de la chasse aux sans-papiers, qui doivent être tous régularisés.
Une Europe sociale, démocratique, écologique et pacifique ne pourra naître que d’une rupture avec les traités et institutions en vigueur, avec l’Europe de la finance et de la BCE, comme résultat d’une contre-offensive des travailleurs et des populations pour imposer des mesures d’urgence indispensables.
Le congrès du NPA s’est prononcé pour un accord durable de toutes les forces qui se réclament de l’anticapitaliste : un accord qui ne se résume pas à un « coup électoral » et donc se prolonge au-delà des seules élections européennes ; un accord qui s’étende au terrain des luttes, en aidant à renforcer les mobilisations pour faire payer leur crise aux patrons et aux banquiers, contre la politique des gouvernements qui les soutiennent tant à l’échelle nationale qu’européenne.
Avec les listes qu’il présentera ou soutiendra aux élections européennes, le NPA continuera dans tous les cas à agir comme force d’unité sur des bases anticapitalistes claires.
Les partis de la gauche institutionnelle, en premier lieu le PS, ont abandonné depuis longtemps la lutte pour en finir avec le capitalisme, et même toute défense un peu conséquente des intérêts des classes populaires. Au pouvoir, ils tournent le dos à leurs aspirations ; dans l’opposition, ils n’organisent pas la riposte contre la droite et le patronat.
C’est pourquoi il fallait un nouveau parti anticapitaliste. Le NPA entend unir toutes celles et tous ceux qui refusent de se résigner. Nous nous sommes constitués en parti parce que nous voulons agir de façon utile, structurée et cohérente, au service de la libération et de l’autodétermination des exploité-e-s et des opprimé-e-s.
Nous le ferons sans nous substituer aux luttes socieles mais en aidant à les impulser, en y participant pleinement, en y proposant nos idées et en y faisant nos propositions d’action : car nous savons que c’est par la mobilisation la plus large possible que l’on peut stopper l’offensive capitaliste, imposer des avancées sur le terrain social, démocratique et écologique, ouvrir la voie à une transformation révolutionnaire de la société.
Notre parti n’est pas une fin en soi. C’est un outil pour se rassembler, pour gagner en efficacité dans le combat collectif. Nous voulons qu’il soit pleinement démocratique, à l’image de la société que nous voulons construire. Chacun et chacune y est à égalité pour décider. Chacun et chacune peut y trouver sa place, quel que soit le niveau de son engagement.
Le productivisme capitaliste est à l’origine du réchauffement climatique dont la tendance est toujours à la hausse, entraînant des dérèglements impossibles à contrôler et dont les conséquences s’aggravent sans cesse : inondations pour les uns, sécheresses pour les autres, tempêtes dévastatrices, boulversement et disparition d’un nombre croissant d’espèces vivantes, crises agricoles... Il développe le nucléaire, est responsable de la pollution de l’air, de l’eau, des produits alimentaires, qui minent la santé des populations et menacent des millions de vies.
Pas plus qu’il n’y a de bon capitalisme productif, il ne peut y avoir de bon « capitalisme vert ». Parce qu’elle seule rendra possible des choix économiques démocratiques et relationnels, pris dans l’intérêt du plus grand nombre, la rupture avec le capitalisme est une condition nécessaire afin de stopper la crise écologique.
Dans le cadre d’une nouvelle organisation de la société, dont la finalité ne sera plus le profit, les producteurs et les citoyens, autonomes et responsables, décideront de développer les activités économiques qui bénéficient à la collectivité, et écarteront celles qui mettent en danger les populations et leur environnement. Le socialisme que nous voulons ne propose nullement un développement illimité de la production, mais se fonde au contraire sur la satisfaction écologique des besoins sociaux : c’est un écosocialisme.